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Au coeur d'une rencontre avec Mamou Orsinet Florimond

"Je vis et respire le Bèlè"

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by Christian Present, for outsideleft.com
originally published: November, 2017
"Je vis et respire le Bèlè"
by Christian Present, for outsideleft.com
originally published: November, 2017
"Je vis et respire le Bèlè"

Le Bèlè est une pratique musico-chorégraphique de la Martinique qui mêle chant, musique danse et conte. Il est issu de l’esclavage et aurait subit divers mutations au cours des siècles. Mamou Orsinet découvre le DKB (Danmyé - Kalennda - Bèlè) en 2005 où elle fait ses débuts en qualité de danseuse. Par le bias de son association “An paj Bèlè “ elle promeut la culture dans le but d’instruire les non-initiés. Ainsi se crée une passerelle transatlantique entre la Martinique et sa Diaspora.

OL: Mamou ! La culture bèlè te dit « Mi mwen mi wou ». Quelle sera ta réponse ?
MO:
Je répondrai : « Man pa té la, man rivé ! »

OL: Pourquoi le Bèlè ?
Pourquoi le Bèlè ? ce serait me demander : « Pourquoi respirer ? » et j’emprunte ces mots à Boris Reine-Adélaïde…Le Bèlè est indispensable à ma vie, tout comme savoir qu’autour de moi, les gens que j’aime sont bel et bien présents. Le Bèlè est ma pulsation cardiaque depuis que je l’ai rencontré. C’est ma religion avec tout ce que cela sous-entend : fidélité, dévotion et respect. On peut penser que c’est extrême mais je l’assume. C’est une partie de moi que j’aime transmettre, que je découvre encore et toujours car ma pratique sera toujours perfectible : Bèlè sé an fil san fen…

OL: Si je te dis Ti Emile, Eugène Mona et Max Cilla ...
MO:
Je dis ‘CULTURE MARTINIQUAISE’ ! Ce sont les dignes représentants du « nannan » de l’âme martiniquaise. S’il n’y avait pas cette Tradition-là, il n’y aurait pas la Culture martiniquaise telle que nous la connaissons aujourd’hui, nous ne serions pas là non plus. Ce sont nos passeurs de Culture, de Mémoire, de Vie. Et, je pense également à tous les Gran Zansyen du Bèlè, les Jèn Zansyen, les Djoubatè.z (chanteur, tanbouyé, danseurs et danseuses). Tout celles et ceux qui ont reçu cet héritage et qui le portent, le transmettent, le diffusent et le valorisent humblement parce que « Bèlè té la avan nou, i ké la aprè nou tou ! »


Max Cilla / Mamou Orsinet

OL: Le Bèlè aujourd’hui comment se porte t’il ?
MO:
Je crois pouvoir dire que le Bèlè se porte de mieux en mieux bien qu’il y ait encore un grand travail d’éducation à faire auprès d’un pan de la population martiniquaise pour laquelle cette tradition est méconnue. De nombreuses associations font un travail phénoménal à souligner et saluer de transmission dans les règles de l’art : les codes, le rituel, Lèspri Bèlè. Que ce soit en Martinique ou en Hexagone, elles sont à pied d’œuvre. Sans compter les artistes qui sillonnent le monde et en sème les graines au passage, les nombreux CD qui sont produits, les spectacles qui sont créés. Le Bèlè, après des années de dénigrement et de quasi silence, se révèle au plus grand nombre et il n’a pas fini de s’exprimer !

OL:Tes projets et tes souhaits pour la culture Bèlè 
MO:
 Mes projets pour servir la Culture Bèlè sont de continuer mon travail de diffusion via An Paj Bèlè : mettre le travail des associations en valeur, informer des travaux de recherche sur cette culture, prévenir des différents événements pour et autour du Bèlè en Martinique et en Hexagone ; et poursuivre mon travail de transmission grâce à mon association « La Voie Egale » en répondant à des demandes de stages et de conférences-dansées. Mes souhaits… que le Bèlè vive, perdure, se diffuse encore et toujours. Que nous restions solidaires autour de cette culture car, comme Monsieur Benoit Rastocle l’a rappelé, « Bèlè-a, sé an chenn, si an may pété, lot mòso-a ka rété atè-a ».

OL: Si tu devais définir par un mot la culture Bèlè ce serait lequel ?
MO:
Le Bèlè ne se résume pas en un seul mot parce que c’est un esprit qui englobe la solidarité, le respect et la bienveillance. Et, comme dans toutes communauté, il peut y avoir des point de divergences mais le Bèlè nous rassemble malgré tout. Je partagerai plutôt les mots d’un grand monsieur pour répondre à ta question. Monsieur Julien Saban, détenteur du savoir du Bèlè Baspwent, a dit : « Tanbou, lavwa épi dansé Bèlè sé lapriyè nèg. »

OL: Yékri !
MO:
Yééééééééékrak ! Lakou Bèlè pa ka dòmi ! La Cour Bèlè ne dort pas !


 

AT THE HEART OF AN ENCOUNTER WITH MAMOU ORSINET FLORIMOND

I live and breathe Bèlè

Bèlè is a folk dance, story tellings and music from Martinique. It takes its origin from slavery and has gone threw several mutations over centuries. Mamou Orsinet has discovered DKB ( Danmye-Kalennda - Bèlè) in 2005, that is when she started as a dancer. In order to educate the uninitiated, she promotes it via her association “An paj Bèlè”.

OL: Mamou, if Bèlè’s culture  tells you “ Here I am …. here you are” What will your answer be?
MO :
  “ Lets bring it out “

OL : How did you develop your interest for Bèlè?
MO
: It is  as if you are asking me “ Why do I breathe ? “ Please may I borrow these words from Boris Reine-Adelaide: Bèlè is my heart beat, my religion with all its aspects - trust, devotion and respect. One could see this as extreme but, I assume it. I will always develop my practice to perfection. It’s in my DNA and I enjoy sharing it. Bèlè is an endless wire.

OL : If I tell you Ti Emile, Eugene Mona and Max Cilla?
MO :
I will think straight at Martinique Culture as we know it today. They are dignified advocates of Martinique's Soul. Without such tradition, our culture as we know it today wouldn’t be in existence and, we wouldn’t be there neither. They are our cultural mentors, our memories keepers, our life. I also Think about the well known Bèlè “Djoubate-zz” (singer, drummer, dancers). They are  those who received and carried out the legacy, transmitted it on, spread and developed it with humility. Bèlè existed before us and will survive us.

OL : How is Bèlè doing  today?
MO
: I can say that it is growing despite the fact that a part of the population still need to be educated. There are many associations that carry out a tremendous job of transmission by, greeting  and emphasising on Bèlè’s codes, rituals and spirit. Either in Martinique or in the far land of France they are actively working. Lets do not forget the artists who travel around, dispatching  countless CDs and setting up shows. Bèlè, after years of rejection and near silence, revealed itself to a wide range of people and yet hasn’t finished to express itself.

OL : What are your goals and wishes for Bèlè?
MO
: My goals are to carry on its transmission  via our Facebook page “ An paj Bèlè " in order to showcase the associations’ works, to inform people about researches that has been completed, to keep people notified about different events related to Bèlè in Martinique and elsewhere and, also for me to carry on with the culture’s transmission via my association “ La voie Egale” offering training and conferences. My wish for Bèlè is to be, remain and be transmited through generations. May we keep unified around the culture as Mr Benoit Rastocle reminded us: “ Bèlè is like a chain, if a link gets broken its cultural role will end up”.

OL : If you had to define Bèlè in one word what will it be?
MO :
Bèlè cannot be summarised in one word because it encompasses the notion of solidarity, respect and benevolence. Divergence can be found in any community, but despite of it all, Bèlè unify us. To answer your question I’d better shared some words of the great knowledge keeper Mr Julien Saban who said : playing drum, singing and dancing Bèlè is black people ‘s prayer”.


Essential Info
photography by Lilian St Eloi, Gael Rapon

Links:
Facebook
anpajbele.fr

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Christian Present

Christian Present est un Poète et Parolier Martiniquais en quête du moi dans ses œuvres en proie aux extérieurs de la nature humaine.

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